L’heure des révisions avec ALYS Propaganda Série 01 !

Bonjour à tous !

Cela faisait un moment que nous vous laissions sans nouvelle côté goodies. Nous venons briser cette monotonie installée depuis bien trop longtemps ! Beaucoup d’entre vous vont ou ont passé leurs examens et nous savons à quel point il est difficile de se plonger dans ses cours par un temps si ensoleillé. Mais les nouveaux objets disponibles sur la boutique devraient vous y aider !

ALYS vous emmène dans le monde de la propagande avec la série ALYS Propaganda – Série 01 !

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(Funfact : Lupin est un très mauvais prof.)

Acetea vous propose une mise en scène de l’univers d’ALYS reprenant de célèbres affiches historiques. Outre Lupin, c’est aussi le grand retour de Saly, ce personnage satirique d’ALYS dont Acetea avait publié le design quelques jours avant la naissance d’ALYS, et qui reprend à son compte tous les clichés associés à la France « traditionnelle ».

Avec ces travaux, nous entendons proposer un projet ludique, autant qu’éducatif. Ludique, car le style d’Acetea, très coloré et pop, fait aussi la part belle à l’humour et à la tendresse quant aux personnages représentés. Educatif, car il permet également de mettre en exergue tous les liens qui existent entre la culture pop d’aujourd’hui, et la culture de propagande du XXe siècle, dont les codes esthétiques et moraux constituent sans doute (pour le meilleur et pour le pire) le terreau de notre société.

Notons  que le phénomène de la « mascotte », qui humanise le rapport à des concepts, des idéologies, des institutions, et qui connaît une reviviscence aujourd’hui dans certains pays (notamment au Japon), est en réalité un phénomène bien plus ancien, issu d’une évolution des figures allégoriques telles que Marianne ou l’Oncle Sam. A ce titre, y a-t-il de l’allégorique en ALYS, et dans l’univers qui se bâtit autour d’elle, autour des notions de communauté et de francophonie ? Telle est l’une des questions que nous souhaitions aborder.

Il s’agit aussi de faire oeuvre de parodie et de pastiche : le phénomène culturel d’engagement et d’engouement qu’ALYS suscite autour d’elle n’est pas sans lien avec les grands phénomènes d’engagement du XXe siècle. Ce phénomène est d’autant plus original qu’ALYS est pensée, avant tout, comme un personnage creux, vide, une marionnette à laquelle les fans -autant que les artistes- donnent vie de par les aspirations, les rêves, les désirs qu’ils y projettent. ALYS n’a donc pas la consistance d’une personne physique et ne peut se défendre aisément des atteintes à son image. Ainsi, il pourrait être aisé de l’instrumentaliser pour la mettre au service d’une cause pour laquelle elle n’a pas été conçue.

C’est pourquoi ce recours à la parodie prémunit ALYS contre ce type d’atteinte : si ALYS a valeur de symbole pour bon nombre d’entre vous, nous prenons soin à ce que ce symbole ne puisse pas être dénaturé par des personnes malveillantes, conservant ainsi le caractère frais, original et neuf du personnage.

Il s’agit aussi de mettre en valeur tout le contraste entre la culture de la propagande et celle de la pop culture, dont l’une présente un caractère unilatéral, et assez souvent facile à décrypter, là où les codes de l’autre se nichent davantage dans la réécriture et la réinterprétation d’un propos existant.

Avec VoxWave, nous voulons proposer un support à la créativité des artistes, qu’Acetea illustre brillamment ici par son travail de pastiche, qui rend hommage aux travaux originaux tout en en proposant une relecture très rafraîchissante et ludique. Et c’est aussi une façon originale d’apprendre l’histoire en s’amusant !

 

1) Un monde bipolaire (Affiche satirique publiée pendant la Guerre Froide, auteur et dates inconnus)

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En 1947, la division du monde en deux grands blocs, le bloc de l’Est et le bloc de l’Ouest, est patente. Les chefs de file de chaque bloc sont, respectivement, les Etats-Unis d’une part, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) de l’autre. Ce conflit larvé, marqué par des affrontements indirects entre les deux grandes puissances, va imprégner la seconde moitié du XXe siècle jusqu’à la dislocation de l’URSS en 1991.

Les différences, voire l’opposition, des deux blocs, manifestes sur tous les plans, et notamment politiques, économiques, aussi bien qu’idéologiques et culturels, prêtent ainsi à l’époque à de nombreux commentaires de la part des analystes, que la satire révèle avec crudité et humour.

Cette affiche, d’origine allemande (comme en témoignent les inscriptions « West-Erde » -bloc de l’Ouest- et « Ost-Erde » -bloc de l’Est),  propose ainsi une lecture assez originale du monde. A gauche, on reconnaît une figure proche de l’Oncle Sam, assise le bloc Ouest, marqué du drapeau et du dollar américain, qui rappelle aussi bien la domination des Etats-Unis sur ce bloc, que le système économique de cet espace, le capitalisme. A droite, on reconnaît un ouvrier, en rouge (la couleur emblématique du communisme), sur une partie du monde frappée de la faucille et du marteau (l’alliance du prolétariat rural et urbain, les paysans et les ouvriers). Ces différences de symbole rappellent ainsi la différence entre un système économique dominé par l’initiative individuelle et la propriété privée des moyens de production, et un système économique où domine l’initiative étatique et la propriété collective des moyens de production.

Les deux espaces sont séparés par des coutures visibles, qui rappellent aussi bien le Discours de Fulton (où Winston Churchill, en 1946, évoque un « rideau de fer » séparant l’Europe et le monde en deux), que le mur de Berlin, qui sépare de 1961 à 1989 Berlin-Ouest et Berlin-Est.

Les deux individus se sourient l’un à l’autre, tout en se tournant le dos, laissant à penser que cette affiche pourrait dater de la Détente (période s’étendant de 1962 à 1979, où le maître mot est alors celui de la « coexistence pacifique »). Cependant, les deux individus n’en restent pas moins armés, l’un d’un fusil, l’autre d’un couteau de boucher. Deux interprétations sont possibles.

Premièrement, le rappel du système « MAD » (Mutual Assured Destruction), mis en place au début de la Guerre Froide, dans lequel tout assaut direct d’une force sur l’autre pourrait déboucher sur une destruction par la force nucléaire des parties en présence. Ce système a donné naissance à un véritable malaise civilisationnel, dont des films comme Le Dr Folamour, ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe de Stanley Kubrick (1964) se font l’écho. Mais pourtant, ici, les Etats-Unis et l’URSS se tournent le dos et dissimulent leurs armes, ce qui laisse à penser à une autre interprétation possible.

En effet, ces armes rappellent aussi les violents conflits qui émaillent les deux blocs pendant toute la période (guerre du Vietnam pour les Etats-Unis de 1955 à 1975, insurrection de Budapest en 1956 ou guerre d’Afghanistan de 1979 à 1989 pour l’Union Soviétique), et dans lequel chaque leader agit pour préserver la domination sur son espace. Se met ainsi en place un système d’équilibre des forces dit de « condominium », dans lequel les forces en présence peuvent, parfois, collaborer pour préserver leur pouvoir dans leurs espaces respectifs.

Cette affiche présente ainsi un caractère satirique affirmé, en pointant, non sans un certain humour noir, toute l’absurdité d’un système : les personnages sont des stéréotypes, dont les sourires sont aussi infantiles qu’inquiétants.

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AceTea a reproduit ici les grands traits de l’affiche telle qu’elle est présentée : personnages de dos assis chacun sur un espace bien délimité (avec une « couture » très marquée au centre)… Cependant, la symbolique en est foncièrement changée ! ALYS, à gauche, est assise sur  un patchwork de drapeaux, qui sont les drapeaux de pays francophones : Suisse, Mali, et bien évidemment la France, qui n’est qu’un des éléments de cet ensemble le plus vaste que sont les pays de langue française. Saly, à droite,  est quant à elle assise sur un gigantesque drapeau français, qui colle à son concept.

Les tenues des personnages sont ainsi leurs tenues classiques, et non plus des tenues stéréotypées… En revanche, leurs objets le sont : on note ainsi le micro d’ALYS, qui est un micro pensé pour la scène, et dont le fil se perd hors de l’image, qui s’oppose au camembert, à la baguette de pain, et au couteau (dont la connotation guerrière n’est ici que parodique) de Saly. Tout oppose également l’attitude des personnages, dont l’un est souriant, d’un sourire ouvertement narquois, face à Saly, plus recroquevillée sur elle-même et visiblement mécontente. Rappel de la mauvaise humeur proverbiale des Français, ou simple jalousie face à sa voisine ? L’interprétation est ici libre !

 

2) Photographie de Lili BRIK mise en affiche, Alexandre RODCHENKO, 1925

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« Des livres ! Pour tous, sur tous les sujets », clame le slogan. Datée de 1925, cette affiche de propagande est typique du constructivisme russe du début du XXe siècle, dont Alexandre Rodchenko est l’un des fondateurs.

En 1925, le régime soviétique est en pleine phase de construction : né de la Première Guerre mondiale et de la Révolution russe de 1917, le projet de nouvelle société porté par l’Union Soviétique s’adosse sur des réformes profondes du pays (avec la NEP, Nouvelle Politique Economique, initiée par Lénine). Ces réformes structurelles font appel à de nouvelles techniques de communication politique, très en rupture avec celles du régime tsariste. Elles vont de pair avec l’emploi de codes esthétiques nouveaux.

Art officiel de la Révolution russe de 1917 à 1921, le constructivisme russe évacue le réel de l’image par le recours à des formes abstraites, qui n’ont d’autres signifiants qu’elles-mêmes. Cet élément constitue une ressource-clef de la propagande, dont l’enjeu est précisément de substituer au discours sur le réel une idéologie qui propose un ensemble de solutions cohérentes, mais biaisées, à une problématique sociale. Lili Brik, égérie des artistes avant-gardistes russes, est donc mise en scène sous les traits d’une ouvrière (ce dont témoigne le foulard dans les cheveux), opérant un premier décalage. Le deuxième décalage repose sur la photographie elle-même, qui a été altérée par rapport à l’originale (redressée d’environ 45°, créant un effet de dynamisme), à llaquelle de nombreuses formes abstraites ont été surimposées. Ces formes géométriques, brutes, qui encadrent le dessin, renforcent son pouvoir de persuasion, en lui donnant un caractère brut et péremptoire.

Il faut souligner ici la modernité du graphisme, qui en font une référence, même encore aujourd’hui. Le graphic design est depuis devenu une discipline bien connu des publicitaires, qui en font un usage abondant, permettant de transmettre, par un système codifié de symboles, de nombreux messages non verbaux, à celui qui les regarde.

Le message transmis est ainsi un message politique sans ambiguïté : « des livres, pour tous, sur tous les sujets », révélant ici l’un des éléments clefs du régime soviétique : l’importance accordée à l’éducation du peuple.

Le constructivisme connaît à cette période une floraison sur de nombreux supports : affiches, architecture, oeuvres littéraires… Autant de travaux d’un genre nouveau, qui se mettent au service d’un pouvoir qui, à cette époque, donne l’image d’un régime neuf.

Le recours à ces nouvelles méthodes de communication introduit toutefois un rapport problématique à l’art : en effet, à s’appuyer sur le pouvoir en place, ne risque-t-il plus de ne de venir qu’un moyen au service d’un message (fut-il un message d’émancipation ou un message d’oppression) ?

L’évolution du régime soviétique qui, avec l’arrivée au pouvoir de Staline en 1928, change de ligne directrice et recourir à des symboles beaucoup plus classiques (cf image 4), entraîne progressivement la tombée en disgrâce du constructivisme russe, dont la pérennité se loge ailleurs, et notamment dans les techniques contemporaines de marketing et de publicité.

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Ici aussi, les codes sont repris, et connaissent de subtils décalages. Tout d’abord, ALYS est un personnage conçu pour n’avoir pas de référent humain. Si ses traits et sa pose s’apparentent à ceux de Lili Brik, le contact avec la réalité s’estompe dès lors que l’on regarde les cheveux ou le micro-casque voire tout simplement les tâches de rousseur sur le haut du visage du personnage.

« Avenir – la voix des artistes de demain – ALYS ». Les signaux employés pour véhiculer le message sont le même. Cependant, au lieu d’être autoréférentielle, comme l’est l’affiche de Rodchenko, l’image ici prend pied sur un faisceau d’inspirations plurielles, qui compte l’affiche, Avenir (la chanson d’ALYS la plus connue à ce jour), et son slogan répété par VoxWave (« la voix des artistes de demain »), dont la graphie fantaisiste est ici un clin d’oeil à la perception fréquente de l’alphabet cyrillique pour l’oeil inexpert.

Il est toutefois frappant de noter la façon dont le changement d’une seule couleur modifie profondément l’expressivité de l’image. Là où l’emploi du rouge et du noir donnent à l’affiche de Rodchenko une dimension belliciste et péremptoire, l’emploi du bleu et du noir laissent un sentiment plus contrasté et indéterminé.

 

3) Affiche I want you for US Army, James Montgomery FLAGG, 1917

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En 1917, le monde est en guerre, dominé par le clivage entre les forces de la Triple Entente (Empire britannique, Empire français, Empire russe), et de la Triple Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Empire ottoman).

Les Etats-Unis ne prennent pas part au conflit dans un premier temps. Toutefois, une série d’incidents les tire de leur neutralité, à commencer par le naufrage du transatlantique britannique RMS Lusitania, qui, le 7 mai 1915, coule corps et bien, avec plus de 1 200 passagers, dont 200 passagers américains. Après deux ans de renforcement de l’hostilité états-uniennes envers la Triple Alliance, les forces américaines s’impliquent dans la guerre là partir du 6 avril 1917.

La Première Guerre mondiale est le premier conflit à mobiliser autant la société civile dans l’effort de guerre, la guerre étant traditionnellement dévolue aux corps armés de métier. Cependant, dans des sociétés où le modèle du citoyen-soldat domine, la mobilisation des citoyens constitue la source principale venant nourrir les contingents.

Cette affiche de James Montgomery FLAGG est à cet égard exemplaire des techniques de communication et de mobilisation mises en oeuvre par l’Etat américain durant cette période : le personnage, l’Oncle Sam, devient ainsi une figure allégorique des Etats-Unis. Oncle Sam est déjà une figure populaire à cette époque, « Uncle Sam » étant une expression née pendant la guerre anglo-américaine de 1812 (les soldats de la base de Troy lisant ainsi les initiales des barils de viande « U.S » qui leur sont adressés comme « Uncle Sam », du nom de Samuel Wilson, leur fournisseur de viande). Il réapparait tout au long du XIXe siècle, et notamment  à la fin du XIXe siècle dans des bandes dessinées politiques dessinées par Thomas Nast, qui fixent les traits du personnage (âgé, mince, un haut-de-forme étoilé sur la tête ainsi qu’un pantalon portant les fameuses bandes rouges du drapeau américain)

Cette affiche va marquer l’histoire en lui conférant une dimension supplémentaire : celle d’un personnage au service de la défense des libertés, en faisant en ce sens un précurseur des super-héros de comics américain. Le personnage est légèrement incliné sur le côté, ce qui lui confère un air engageant, le froissement des vêtements et l’inachèvement du bras gauche participant au dynamisme de l’image. Le regard est franc et déterminé, de même que le geste du doigt. Le message en lui-même est lui aussi clair et net : « I want you for US Army – Nearest Recruiting Station » -Je vous veux dans l’armée américaine – station de recrutement la plus proche. Le tout, encadré par une bande rouge cernée de deux bandes bleues, rappel évident du motif de la Star-Spangled Banner (la Bannière étoilée).

Le message est elliptique, le design étant au service du propos : le « you » est en apposition par rapport au reste du texte, et d’une couleur différente, qui engage directement le spectateur. On imagine sans mal l’effet que ce genre d’affiches, produites et affichées en série, pouvait avoir sur la population (on évoque fréquemment le « bourrage de crâne » pour désigner le caractère intrusif de la propagande de l’époque).

Il souligne également ce maillage du territoire qui est, à cette époque, une réalité, et qui permet de renvoyer chaque citoyen à la « station de recrutement la plus proche », de New York à Los Angeles. Pour rappel, moins de 50 ans auparavant, le train transcontinental reliant l’Est à l’Ouest des Etats-Unis devenait tout juste une réalité.

L’Oncle Sam devient ainsi à la faveur de la guerre une figure populaire autant qu’allégorique des Etats-Unis : aux Poilus français répondent ainsi les Sammies américains. Par la suite, le personnage trouve de nombreux dérivés, jusqu’aux années 1980 avec un dessin animé « Les aventures de l’Oncle Sam ».

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C’est donc avec ce pastiche que nous vous titillons depuis plusieurs semaines !

Acetea a ici réalisé un travail considérable et très abouti, qui reprend à la fois les codes de l’affiche ci-dessus, mais en y ajoutant son talent propre. Bien évidemment, ce qui frappe, c’est la détermination du regard d’ALYS, ici habillée « en homme », pour parler comme au XIXe siècle. Lupin, qui loge dans le chapeau d’ALYS, semble quant à lui plus grognon que jamais.

Soulignons aussi cette référence en direction de la communauté de fans que sont les Alystes, avec cette idée d’une « Alyst army ».

Cette notion, ici, n’a plus de valeur belliciste : elle s’appuie plutôt sur l’argot de la culture Internet, qui a vu éclore les communautés de « bro army », voire les « personal army » des uns et des autres, qui n’ont pas grand-chose à voir avec les armées de métier. Elles servent avant tout à désigner des communautés qui défendent de façon véhémente un projet qui leur tient à coeur.

Notons enfin le souci du détail dans le graphisme de l’affiche, qui va jusqu’à reprendre un motif de drapeau français pour encercler ALYS, participant ainsi de son statut d’icône.

 

4) Le Grand Timonier nous guide, Staline à la barre, affiche parue en 1937 dans la Pravda.

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En 1937, l’Union Soviétique est sous la coupe du dictateur Staline. Parvenu à la tête du PCUS (Parti Communiste de l’Union Soviétique) en 1928, il pratique à plusieurs reprises des purges au sein du parti, pour garantir l’adhésion du parti, et partant du peuple, à sa vision du communisme et à la politique qui en découle. La personnalisation du pouvoir stalinien amène ainsi à l’organisation de rituels autour de la figure de Staline, souvent baptisée par les historiens « culte du chef ».

Ce culte prend de nombreuses formes : applaudissements sans fin lors des réunions du Parti, qu’il s’agisse du congrès du PCUS ou de sections locales, défilés militaires présidés par Staline… Les exemples abondent dans l’iconographie, faisant appel aussi bien aux affiches qu’au cinéma en passant par la photographie (où les opposants au parti qui y figurent sont régulièrement effacés, par retouche photographique).

Cette affiche, publiée dans la Pravda (« lVérité » ou « Justice », organe officiel du PCUS), est ainsi exemplaire des codes graphiques de cette époque. Au constructivisme de Rodchenko a succédé une nouvelle forme d’iconographie, cette fois plus personnelle : Staline est représenté en capitaine tenant la barre de la nation (CCCP étant l’acronyme russe pour URSS), le regard tourné vers l’horizon. La dynamique de l’image se fait l’écho d’une période troublée (le drapeau flottant au vent est agité, visiblement froissé, et on perçoit sur la gauche les traces du vent). Ce trouble s’oppose au calme olympien du dictateur, dont l’allure déterminée, mais calme, le montre comme prêt à affronter les tempêtes… Et donc partant, à guider la nation, littéralement, « contre vents et marées ».

Cette image du dictateur en « grand timonier » est un classique, qui a été utilisé à de nombreuses reprises dans l’iconographie, avec des variantes (plan, tenue, etc…).

Aujourd’hui, ce genre d’image reste utilisé dans le cinéma, souvent d’ailleurs pour dépeindre des caractères de personnages mégalomanes et emportés par leur démesure.

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ALYS capitaine de navire… Et bien pourquoi pas. Cependant, ALYS, sur cette image, tient plus de la pirate mettant à feu et à sang la lagune… Image qui est devenue quant à elle bien plus romantique, la culture pop ayant son lot de pirates charismatiques, qu’ils écument les mers ou l’espace.

La tenue d’ALYS, autant que son emblème, sont ici revisités : à la forme abstraite habituelle qu’est le SHL, se superpose une rose des vents, qui se combine ici à un bleu très maritime. Enfin, Lupin semble ici se montrer particulièrement féroce, des flammes jaillissant de sa gueule… confortant l’illustration dans sa tonalité relativement décalée.

 

5) Rosie the Riveter, Howard Miller, 1943

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En 1943, le monde est à nouveau en guerre, enfoncé cette fois dans la Seconde Guerre mondiale. Aux Etats-Unis, comme ailleurs, les femmes sont mobilisées dans l’effort de guerre, et notamment dans les usines d’armement.

« Rosie la Riveteuse » est ainsi l’une des nombreuses figures de ces femmes qui, pour la première fois depuis le début de la Révolution Industrielle, accèdent à un emploi rémunéré. Le foulard dans les cheveux revient ici comme motif de la femme au travail, et son attitude est déterminée et résolue : le personnage pensé par Howard Miller retrousse ses manches, dévoilant des avants-bras musclés, faits pour le travail. Le message est clair : « We can do it! » (« Nous pouvons le faire! »), qui signifie bien ici, vaincre l’ennemi, et ce notamment en produisant des armes en plus grande quantité et plus rapidement que lui. Cette affiche de propagande, produite par le « War Production Coordinating Committee », a ainsi pour objectif de remonter le moral des travailleurs et travailleuses à qui il s’adresse en premier lieu.

Cette affiche, déjà très « pop » par sa colorisation et le placement de ses différentes composantes (notamment le choix d’un phylactère pour le texte, qui rappelle directement la bande dessinée), a été relativement oubliée dans les années 1940, pour être redécouverte ensuite dans les années 1980, où elle est devenue emblématique d’une certaine culture féministe. Une lecture rétrospective intéressante d’une oeuvre originale !

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Cette image, vous la connaissez, si vous avez suivi notre campagne de communication pour le prix du public Moovjee ! Acetea l’avait créé à cette époque justement pour encourager tous les Alystes à soutenir notre candidature, où nous avions justement repris le slogan « We can do it ! », qui avait connu un très fort engouement.

Bien sûr, l’utilisation de cette image a conservé une dimension de pastiche (notamment la tenue de Saly, avec son petit croissant), mais elle a joué également ce rôle fédérateur qui est nécessaire à la constitution de toute communauté. Et il faut bien le souligner, il s’agit d’un travail remarquablement bien fini !


Belle galerie, n’est-ce pas?

Vous pourrez retrouver deux types de produits liés à ces travaux :

– En premier lieu, le poster « I want you for Alyst Army » est disponible au format A3 ! De quoi vous permettre de décorer votre chambre avec une affiche cool et design ! Cette affiche sera notamment disponible pour Japan Expo. 🙂

– En cartes postales, par pack de 2×5 cartes. Pourquoi ? Mais tout simplement pour vous permettre de rejoindre la Alyst Army ! Gardez les originaux pour vous, et envoyez les doubles à vos amis ! Notez bien où vous les envoyez, nous vous réservons un petit jeu autour de ces cartes pour cet été…

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Tous ces produits seront disponibles sur le Shop, en convention, mais aussi dans notre nouveau réseau de distribution (nous vous mettrons d’ailleurs à contribution pour savoir dans quelles villes vous souhaitez retrouver nos produits prioritairement !)

Allez, à très bientôt sur le Shop !

Keep SHL <o> !

 

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L’heure des révisions avec ALYS Propaganda Série 01 !

Compte-rendu de Senyu 3

Compte-rendu de Senyu, « la best convention ever ».

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Voilà on a tout dit, à l’année prochaine !

Mais non revenez ! Senyu, c’était effectivement la meilleure convention qu’on ait faite jusqu’à présent, et c’était les 28 février et 1er mars.
Tout d’abord, nous tenons à remercier Senyu, et plus particulièrement Napalm et Tanguy, de nous avoir invités à cet événement, où nous avons pu jouer la première représentation de STALYSKY, le spectacle associant ALYS et STARRYSKY ! A l’époque où nous les avons contacté (août 2014), nous n’avions rien à leur présenter, Dans mon monde n’était pas encore parue, et pourtant… Ils ont immédiatement été très enthousiastes à l’idée de ce spectacle que nous avons enfin pu jouer devant vous la semaine dernière !
C’est aussi grâce à la collaboration que nous avons pu établir que nous avons pu bénéficier d’une aussi belle couverture, avec plusieurs articles dans Vosges Matin, et un passage télévisé à Vosges Télévision (http://www.vosgestelevision.tv/info/l-hebdo/L_hebdo_du_28_fevrier-huQpg1EAh2 à partir de 19:50) Et bien évidemment, le staff s’est montré extrêmement prévenant pendant toute la durée de la convention, disponible, souriant et sympathique même dans les moments de rush, et ils en ont eu à gérer, les pauvres (#pizzagate) ! Nous leur en sommes donc extrêmement reconnaissants.

Comme vous le savez donc, nous avons pu jouer ce spectacle pour la première fois… C’est le moment pour nous de remercier tous les artistes qui y ont participé ! Merci à Tai Shindehai, heart★breaker, NeutrinoP et mathru (KanimisoP) pour les morceaux composés et joués sur scène, Aoko, Elnawen, Evo et Orahi_Shiro pour les animations MMD, JungYoungRinD. (JYRD) pour les chorégraphies dansées par ALYS sur Avenir, Dans mon monde, Promesse et Hajime Ni, sans oublier bien sûr Chris, Ji, Haydon et Sasha pour leur formidable prestation sur scène. Drak-pa a également fait un travail formidable en programmant la voix d’ALYS pour toute la durée du concert ! C’est aussi l’occasion de remercier tous ceux qui nous soutiennent depuis le début du projet, ou qui l’ont rejoint, comme Caroline, Cyrix, Lachesis, Miky-Rei, ainsi que Tatsuki ! Mais nous reviendrons sur les crédits complets et rôles de chacun dans un article ultérieur centré sur le concert.  🙂
Nous tenons aussi à remercier nos soutiens comme le collectif Voxmakers, Wakanim, le Dernier Incubateur avant la Fin du Monde, ou encore des réseaux comme InnovENS ou le Service Carrières de l’ENS qui ont cru au projet dès que nous leur avons présenté !

Et bien sûr, nous vous remercions également vous tous pour votre soutien, pour être venus nombreux voir ALYS en concert, et nous espérons que vous viendrez également aux prochaines représentations !

Mais trêve de remerciements, voici quelques photos du spectacle, nous espérons qu’elles vous donneront une bonne idée de l’ambiance qui régnait sur place.

solkin live alys 4IMG_8325IMG_8389solkin live alys 2C’était une excellente expérience pour nous, et nous tenons aussi à remercier  Add’Events pour le très bel éclairage qu’ils ont su proposer à notre spectacle ! Ce dernier a notamment pu profiter d’une captation 4K et sera disponible sous peu.

Au niveau du stand, nous avions là encore un très bel espace, avec une partie où nous vous proposions de découvrir et redécouvrir les chansons d’ALYS, de vous faire prendre en photo aux côtés d’une ALYS grandeur nature, et bien sûr de discuter avec nous du projet ! N’hésitez pas d’ailleurs à nous envoyer vos photos !

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Nous vous proposions aussi une petite surprise, en lien avec le jeu de piste de la guilde Senyu, où nous marquions du SHL, nous soumettant aux ordres du grand Lupin !

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Ah non pas celui-ci, c’est la contrefaçon de Drak-pa.

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Notre partie shop était aussi bien mise en valeur, et nous sommes heureux que nos produits vous aient à ce point plu ! Si vous les avez manqué, vous pouvez toujours faire un tour sur le Shop. 😉2015-02-27 19.39.39

Ces deux jours ont été très riches en émotion : vous avez été plus d’un millier à applaudir ALYS en concert, et très très nombreux à passer sur le stand, ce qui fait de notre passage à Senyu un véritable succès, grâce à vous !
De ce fait, nous sommes déjà en discussion concernant notre passage pour Senyu 4, où nous espérons vous proposer encore mieux que ce qui a été proposé cette année ! Stay tuned 😉 !

Et pour tous ceux qui n’ont pas pu nous voir en concert mais qui souhaitent soutenir ALYS, n’oubliez pas que nous tenons une page Tipeee qui arrivera bientôt à son quarantième Tipeur en un peu plus d’un mois ! Hajime Ni, que certains ont déjà pu entendre en concert, arrivera très bientôt, c’est le moment de vous offrir un beau booklet où d’ajouter votre nom aux crédits de la vidéo !

A plus tard pour le feedback du concert ! 😉

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